« Jouer avec les mots », ou comment les outils numériques peuvent nous aider à appréhender la connaissance (1e partie)

Nuages de mots et Cartes mentales avec des enfants de CE1-CE2

Nous avons organisé un atelier avec pour objectifs :

  • accompagner les enfants dans l’usage d’équipements et outils numériques
  • leur apprendre des démarches qui peuvent leur être utiles tout au long de leur scolarité et dans leur vie professionnelle
  • profiter de la dimension ludique de certains outils numériques pour aborder un travail sur les textes de fiction et les informations de type documentaire

L’atelier s’est divisé en deux grandes étapes : la création de nuages de mots clés à partir de textes de fiction ; la création de cartes mentales sur des secteurs de la connaissance familiers aux enfants.

Les fables de La Fontaine en nuages

Nous avons choisi de travailler sur les fables de La Fontaine pour différentes raisons : leur caractère de fiction, leur capacité à réveiller l’imaginaire, l’aspect familier de ces textes, le format court.

Les objectifs étaient de découvrir aux enfants de nouvelles manières d’aborder des textes et de mettre en valeur leur contenu. Ils ont choisi librement une fable par petits groupes, et la première étape consistait à identifier les « mots vides » en les différenciant des autres. Les « mots vides », dans le jargon documentaire, sont ces mots « qui à eux tous seuls ne veulent rien dire » : prépositions, articles, déterminants,… Pour notre petit exercice, nous devions garder uniquement les mots porteurs de sens et observer leur degré d’importance dans la compréhension de l’histoire racontée. Le nuage de mots allait représenter, par un dessin organisant et présentant ces mots, le contenu de notre histoire. Il fallait donc garder uniquement les mots qui pouvaient nous aider à cela.

Ainsi, en un premier temps, à l’aide d’un logiciel de création de nuages de mots clés, les enfants ont trouvé et supprimé les mots vides.  Ils ont fait un premier essai du rendu visuel pour s’apercevoir que, en effet, le sens de l’histoire ressortait et on pouvait deviner de quelle fable il s’agissait en regardant notre nuage.

La deuxième phase à consister à donner une forme à notre nuage : silhouette, couleurs, police,…

Les résultats obtenus pouvaient ressembler à cela :

Carmen Rodriguez – licence Creative Commons BY-ND 2.0 Creative Commons License

 

Vous devinez le titre de cette fable ?

 

 

 

 

Comment apprendre à réaliser des cartes mentales à des enfants de 7-8 ans ?

Pour notre seconde étape, nous avons initié un travail pour apprendre à réaliser des cartes mentales.

Des questions initiales se sont posées, notamment de savoir si des enfants de cet âge peuvent apprendre cette démarche, et si c’est le cas quelle est la meilleure façon de s’y prendre.

Nous avions écouté auparavant les mots de Joseph D. Novak, éducateur des Etats-Unis et théoricien de la carte conceptuelle dans les années 70 : « (…) on peut démarrer avec des enfants de 2 ou 3 ans en organisant l’information sous la forme d’une carte conceptuelle en utilisant des dessins sur un papier » (source : http://bit.ly/25yt8Te – vidéo en anglais avec de sous-titres en espagnol). Les cartes conceptuelles, dans ce premier niveau de compréhension, se rapprochent des cartes mentales, et nous pouvions nous appuyer cet avis.

Cet atelier est en cours, et jusqu’à présent nous avons imaginé plusieurs voies pour aider les enfants à apprendre ce type de procédure :

  • initiation à la démarche avec une catégorisation familière aux enfants : la classification des animaux ; puis reconstruction des catégories. A l’aide des mots-clés inscrits sur des petits papiers, les enfants ont retrouvé puis regroupé les différentes composantes. Il fallait retrouver les familles d’animaux, puis les deux grands groupes d’appartenance, et les regrouper sous le thème global.
  • nous avons employé la métaphore de l’arbre
  • puis la métaphore de l’arbre généalogique (le vocabulaire des cartes mentales reprend d’ailleurs ce vocabulaire : parents-enfants, ascendants-descendants,…)

Nous avons remarqué que les enfants ont du mal à aller dans le détail à partir d’une globalité. Nous continuons donc à essayer le chemin inverse, sur trois niveaux d’information : identifier les parties et les rassembler par catégories, puis en définir le thème. Nous travaillons sur des sujets qui leurs sont familiers : la musique, l’histoire, les sports, l’informatique.

Nous avons préparé un certaine quantité de mots pour chaque sujet ; par groupes, ils vont les traiter pour les rassembler dans les différentes catégories.  S’ils réussissent, ils auront construit leur carte mentale, c’est-à-dire leur schéma logique de connaissance sur un sujet donné.

« (…)aider les élèves depuis leur plus jeune âge à voir que l’information c’est seulement les parties et les pièces, mais la connaissance c’est l’organisation de cette information en une forme de modèle conceptuel(…). » (source : op. cit.).

Nous attendons la suite avec impatience. Nous ne tarderons pas à vous la communiquer…

carte mentale présentant la classification des animaux
Carte mentale présentant la classification des animaux, réalisée avec un logiciel dédié.
Carmen Rodriguez – licence Creative Commons BY-ND 2.0 Creative Commons License

 

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